-Point d’interrogation-
L’ensemble du travail procède d’un étonnement.
On est plongé dans ces environnements comme des explorateurs débarquant dans un pays inconnu et qui auraient à en décoder les signes en vigueur, à travers quelques objets visibles. Leurs formes évoquent bien quelque chose de vaguement familier mais il reste à en retrouver la fonction pour mieux identifier les êtres inconnus qui en font usage.
On éprouve alors un sentiment de fantastique léger, l’étonnement du liliputien débarquant au pays des géants. Les objets hors d’échelle suggèrent à l’évidence des usagers d’une autre taille, leur existence ou leur absence momentanée étant suggérée par ces objets abandonnés derrière eux.
Comment se préparer au mieux à la rencontre dont on ne sait si elle sera bénéfique ou menaçante ?
Peut être, peux-t-on s'y préparer en identifiant les formes et en essayant d’élucider leur fonction pour se familiariser avec les usages de ce monde étonnant. Certes, il est possible d’en reconnaître certaines mais le changement d’échelle rend leur fonction douteuse et il faut donc en imaginer d’autres.
Qu’est-ce que c’est ?
Ça sert à quoi ?
Que font-ils ?
Ou sont-ils partis ?
- Vacances des formes -
On est placé dans la position de l’archéologue qui doit interroger des objets ou des fragments sans contexte et sans élément de mode d’emploi.
Il nous faudra , dans un premier temps, retrouver l’usage de chacun des objets pour comprendre qui sont les usagers et au delà, à quelle civilisation on a à faire.
De ce fait, le soin apporté à la fabrication est un élément signifiant de plus. Relève-t-il uniquement d’une technique ou d’un art ? En tout cas rien de brutal dans ce travail, une attention à produire artisanale ou un engagement technologique avancé en témoigne.
- A suivre-
Monique Larrouture-Poueyto,
professeur d’histoire et théorie de l’Art à
© Mathias Tujague