Ces photographies
ont été réalisées sur un camp longtemps occupé par des familles Roms, quelques
heures après la démolition de toutes leurs habitations, et avant disparition totale. Ici, pas de représentation de l’immeuble dynamité, en plein
effondrement. Pas de poétique de l’habitat qui vacille et qui questionne par sa vulnérabilité. Il est trop tard, la mise à mort est
déjà consommée, sans combat. À jeu inégal pas de lutte possible. Seules subsistent pour une dernière nuit les carcasses des cabanes
désossées et méconnaissables, laissant à peine entrevoir, défigurés, quelques
objets familiers témoins d’une histoire qui, dans quelques heures, n’aura
jamais eu lieu. Images d’une destruction annoncée. 7 juillet 2010. Dernières nouvelles des choses.