Esclopeando
est une exposition rassemblant une série de sculptures réalisées à
partir de sabot en bois. Comme l’espadrille ou la charentaise, le
sabot fait parti de notre patrimoine et de notre folklore culturel.
Qu’on le surnomme “Esclop“ dans les Landes, “Klomp“ en
Hollande, qu’on l’ait baptisé “Sabot“ en France, “Klump“
en Allemagne ou “Klumpe“ en Alsace, son bruit est le même. Le
sabot de bois, cette extension rudimentaire du pied, objet d’un
quotidien passé, était la chaussure des paysans et des ouvriers du
monde.**
« Il ne reste qu’une
poignée de sabotiers dans le Sud Ouest. A l’heure où les sabots
fleurissent sur les podiums des défilés de mode parisiens ou
berlinois, ces mêmes “sabots de luxe“ sont confectionnés en
série en Chine. »***
Eclopeando
est une exposition résistante qui avec ironie transpose
le savoir-faire ancestral du sabotier dans les usages actuels. Les
marques Nike, Aigle ou Havaianas font de ces sabots des objets de
consommation potentiels et de nouveaux espaces « d’information
visuel ». Prototype d’une collection de mode impossible les
Esclopeandos
de Natacha Sansoz questionnent la capacité des grandes marques à
transformer un vêtement suranné en « must have ».
Documentaire sonore présent dans l'exposition. Témoignages sur les Esclops.

** « Dans le Sud Ouest de la France, sa confection a accompagné l’essor de la forêt landaise, autant qu’elle symbolise son déclin aujourd’hui. Le sabot, dérivé de l’industrie sylvicole landaise, connut après sa vie des champs, une extraordinaire vie des villes, en devenant dans les usines, l’ancêtre de la chaussure de sécurité.
Il connut un tournant historique en accompagnant les premières révoltes de l’ère industrielle. C’est «sabots aux poings» que les ouvriers exploités détruisaient leurs outils de travail en signe de protestation. Ils inventèrent la version moderne du “sabotage“. Esclopeando exprime la singularité du sabot.
Le sabotier landais, lui, en est réduit à fabriquer des porte-clefs, porte-crayons, et autres porte serviettes, mais de moins en moins ses sabots portent des pieds. Installation sonore et performance sont les supports à la recontextualisation du sabot dans notre société à l’air de la post production» Natacha Sansoz
*** Natacha Sansoz
























© Natacha Sansoz