Les sculptures présentent des volumes uniques en confection couture. Ces volumes sont bases de recherches plus fétichiste, affective, voir nostalgique qu'esthétique. Ils sont constitués de trois principaux textiles, reminiscence de l'enfance : la fourrure synthétique 70's, la toile cirée / skaï et le tissu éponge.
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2002 Ecorche
Une corde rouge en coton suspend un volume en tissu au milieu de l’espace. Cette sculpture se compose d’un corps en tissu éponge rouge, recouvert partiellement de fourrure synthétique bleue. Un personnage humanoïde à la tête animale, celle d’un canidé se dessine arqué vers le bas, le ventre tiré vers le haut par son cordon ombilical.
Cette figure est celle de la divinité égyptienne Anubis. L’œuvre est la fin d’un parcours, d’un long processus qui a amené le dieu à s’auto écorcher afin d’utiliser sa propre peau pour embaumer son père Osiris, assassiné par son oncle Seth avide de pouvoir. Je rêve de lui, je dessine sa silhouette, j’en fais un patron. Le trait glisse sur le papier. Déjà un premier passage des ciseaux révèle une forme. Sur la surface du tissu, les ciseaux dupliquent le dessin dans la matière. Cette douce plage d’éponge attire mon corps, je veux l’amener à nous. Que nous puissions en jouir.
La surface tissée devient ainsi lambeaux de chair inerte. Dermes éparpillés, je dois, comme celui que j’aime l’a fait avant moi les rassembler. La machine soude de fil rouge l’envers de la chair. Je retourne et comme par magie apparaît le Tikenou. Cette peau fluide, molle repose un temps en paix.
Ce sacrifice au père est le résultat d’un passage vers le territoire de la maturité, la fin du conflit oedipien. 2002 marque une étape décisive dans l’évolution des Pelomorphes, celle de leur naissance. Dans un parcours douloureux, un rituel initiatique, l’Ecorché s’affranchi de la plastique du lion, du doudou originel.
Une corde rouge en coton suspend un volume en tissu au milieu de l’espace. Cette sculpture se compose d’un corps en tissu éponge rouge, recouvert partiellement de fourrure synthétique bleue. Un personnage humanoïde à la tête animale, celle d’un canidé se dessine arqué vers le bas, le ventre tiré vers le haut par son cordon ombilical. Cette figure est celle de la divinité égyptienne Anubis. L’œuvre est la fin d’un parcours, d’un long processus qui a amené le dieu à s’auto écorcher afin d’utiliser sa propre peau pour embaumer son père Osiris, assassiné par son oncle Seth avide de pouvoir. Je rêve de lui, je dessine sa silhouette, j’en fais un patron. Le trait glisse sur le papier. Déjà un premier passage des ciseaux révèle une forme. Sur la surface du tissu, les ciseaux dupliquent le dessin dans la matière. Cette douce plage d’éponge attire mon corps, je veux l’amener à nous. Que nous puissions en jouir. La surface tissée devient ainsi lambeaux de chair inerte. Dermes éparpillés, je dois, comme celui que j’aime l’a fait avant moi les rassembler. La machine soude de fil rouge l’envers de la chair. Je retourne et comme par magie apparaît le Tikenou. Cette peau fluide, molle repose un temps en paix. Ce sacrifice au père est le résultat d’un passage vers le territoire de la maturité, la fin du conflit oedipien. 2002 marque une étape décisive dans l’évolution des Pelomorphes, celle de leur naissance. Dans un parcours douloureux, un rituel initiatique, l’Ecorché s’affranchi de la plastique du lion, du doudou originel.
Technique : Textile
Materiaux : fourrure synthétique, éponge
Larg.118cm Haut.120cm Prof.66cm Poids.3.5Kg
Année : 2002
« Nicolas Julliard a crée les Pelomorphes, sortes de peluches à échelle humaine. Proche du Pinocchio utilisé par Paul McCarthy dans ses performances, symbolisant l’image lisse de l’enfance, cette peluche fait référence au doudou. En tant qu’objet transitionnel, le Pelomorphe n’appartient pas au corps de l’artiste, il est le reflet de sa propre évolution. Il ne vient ni de l’intérieur, ni de l’extérieur mais des deux à la fois. Entre dédoublement et fusion, Nicolas Julliard fait coexister une partie de lui qui régresse, et une qui reste vigilante et s’autorise comme artiste. » Viril est un des premiers Pelomorphes a avoir été sexué. Comme l’absence de regard, la sexualisation participe de la sublimation de l’objet. La présence des organes génitaux humains (non-animaux) révèle la coexistence entre l’autoportrait et la projection de soi au sein de l’objet transitionnel. L’objet transitionnel dont une des fonctions est de se protéger des angoisses de castration vécues lors de la séparation mère-enfant.
Dans une salle obscure, le spectateur se trouve confronté à un grand Pelomorphe allongé sur une table, un socle. Ce volume textile, être hybride entre humain et peluche mesure 2,5 m de longueur pour 1 m de large. Malgré sa taille menaçante, sa position, sa matière et ses couleurs vives le rendent très attirant. En seconde lecture, on s'aperçoit que son ventre présente un trou béant qui laisse apparaître les os de sa cage thoracique. Ce Pelomorphe a-t-il été tué, dévoré ou scientifiquement étudié ? Dans notre société, nous sommes faussement immunisés face à la diffusion d'images violentes. Cela est révélé par la simple projection de la mort de notre doudou qui nous émeut peut-être plus que la misère de nos concitoyens. Créer le cadavre de son doudou est pour l'artiste un faux moyen de s'en débarrasser car sa mort le rend paradoxalement plus vivant. "Face à la dépouille, nous sommes contraints d'effectuer une réalisation mentale, nous lui rendons vie. Cet objet est biologiquement mort, non cassé ou déchiré, il fût donc vivant autrefois." Kenshi (Autopsie) est une recherche sur la face de persistance de l'affection que l'on conserve même une fois adulte, face à l'objet peluche.
Sur un socle muséal, blanc, repose le Pelomorphe étincelant, en skaï doré. Empruntant les codes de la statuaire traditionnelle, cette création interroge la perception du volume. Comme Free Hugs le Pelomorphe de cette installation est accessible au public et manipulable. Désacralisation et appropriation sont les mots clés de Bronze (gold). Ce volume révèle l’attente contemporaine du public : individualisation et intimité dans les échanges et rapports à l’œuvre d’art. Le touché permet ne serait-ce qu’un temps d’être pleinement possesseur, voir créateur de la sculpture. Il existe une version argent Bronze (silver) de cette oeuvre.