La notion de dépense telle que je l'aborde dans ma pratique
artistique n'est pas de l'ordre d'une recherche de performance au sens
physique d'un état d'épuisement ou d'une limite à
atteindre, mais une façon de questionner, d'envisager, le rapport au
corps et à l'espace environnant. Un corps en chantier qui se construit à
travers sa confrontation à ce qui l'entoure, par l'accumulation
d'expériences.
Le corps c'est ce que l'on a "sous la main"… à la fois matériau et outil.
La plupart des actions sont filmées et pensées en fonction de la captation vidéo.
Repérer les cadrages donnés par l'agencement d'architectures urbaines. Activer une dépense.
Les gestes, mouvements et déplacements viennent alors souligner le
rapport corps/espace, corps/environnement, corps/architecture.
Le corps en mouvement s'inscrit dans le champ délimité de la caméra, et par son action vient épuiser le cadre.
L'attention est portée au processus.
Chaque pièce, chaque vidéo, chaque action, n'est possible que parce que celle d'avant a eu lieu et d'elle va naître la suivante. Comme autant de strates.
Toutes ces actions liées entre elles contribuent à l'élaboration d'une
œuvre à appréhender de façon plus globale, élargie à d'autres formes.

© Véronique Lamare